web analytics
Listino:  
  • Recherche

Ferrari 250 GTE Mod: son propriétaire nous la raconte 

De 250 GTO authentiques il en existe 36 dans tout le monde. De GTE de 1962 avec modifications intégrales de 250 GTO réalisée dans les règles de l’art il y en a qu’une seule: Supercar Team est allé la recontrer en exclusivité

Ferrari-250-GTE-17

Une Ferrari de dernière génération, c’est quelque chose d’extraordinaire. Les formes accentuées et armonieuses te font comprendre que la deux places a une double vocation: elle est plaisante dans la conduite de tous les jours, mais elle donne aussi des émotions quand tu la conduis sur circuit.

Une Ferrari classique c’est tout une autre chose: le style minimaliste, l’habitacle nu, l’odeur de l’essence brûlée qui sort des échappements, le son inimitable du moteur… Une expérience bien différente pour les gloires du passé.

Tu te souviens sûrement de l’histoire qui a impliqué cette Ferrari 250 en ce début d’année. Vraie ou fausse? Réplique ou bien originale? Après lu l’article, Fabio Baldini, un des propriétaires de la Rossa et fondateur de la Scuderia Baldini, m’a contacté personnellement pour fixer un rendez-vous et m’expliquer tout ce qu’il faut savoir à propos de sa 250. Tout ça autour d’autres Cavallini et d’un bon café. Pas mal l’idée, pas vrai?

Curieux d’en savoir plus sur cette histoire, nous nous sommes mis d’accord pour une rencontre. Le grand jour arrive et l’envie de découvrir cette Ferrari autour de laquelle on a tant discuté s’intensifie. Ce qui surprend le plus au moment où je pousse les portes du showroom Scuderia Baldini c’est la quantité des Cavallini présents: F430 GT, 360 Challenge Stradale, 512 BBi, F355 Spider, Porsche, Lamborghini, F40 et tout doucement… on y est. 

Je suis acceuilli par Fabio et une longue et passionnante discussion à propos des moteurs démarre, mais plus particulièrement à propos de l’univers Ferrari. C’est sûr qu’il a beaucoup à discuter en la matière: avec différents secteurs (du showroom à la carrosserie, en passant par la zone pneus, l’atelier et le team courses), on est jamais à court d’arguments avec Fabio. Mais le sujet phare de la journée c’est bien sûr elle, la Ferrari 250 GTE modifiée de A à Z en style GTO.

Je fais la connaissance de la 250 garée au fond du showroom. Tous les détails sont réalisés à la perfection: de la GT de base il reste seulement le numéro de chassis et le nom sur la carte grise. Et encore, pour être plus précis, Fabio me dévoile que l’exemplaire dont il est question est « une 250 GTE Mod. réalisé dans les alentours de Maranello, dans un atelier qui a fait savoir à Ferrari que le chassis de la GTE allait être modifié. »

Mais Supercar Team ne s’arrête pas juste à la carrosserie réalisée selon les critères de l’époque. Baldini m’explique que en dessous de la coque il n’y a plus rien en commun avec la GTE. C’est surtout la partie mécanique et le chassis qui ont subi les principales modifications par les soins de l’atelier de Modena. En effet, le Ferrariste déclare qu’il y a beaucoup d’exemplaires qui ont le look d’une GTO, mais en dessous de la carrosserie ça reste des « simples » – si on peut dire ça comme ça – 250GTE

Avant de rentrer dans le vif du sujet, Fabio m’invite à faire un tour. Quand on te dit « T’es prêt? », tu n’y penses pas deux fois, on ne sait jamais si le propriétaire devait changer d’idée… Donc me voilà à l’intérieur du cockpit de cette 250, un classique radical: sièges en tissus « jeans » de petite dimension, cintures de sécurité quatre points homologuées FIA, tableau de bord dévêtu de n’importe quel dispositif électronique, volant en bois qui en impose et très fin et, bien s^r, pas d’airco. Quel dommage vu qu’en cette chaude journée d’été ça n’arrange pas les choses. Mais je me trouve dans une voiture hors paire, prêt à savourer l’esprit racing d’il y a 50 ans. Au diable la chaleur, par passion on fait des sacrifices.



N’étant pas habitué à ce genre de cintures, je mets un peu de temps pour me caler dans les sièges, mais maintenant au moins je suis sûr de ne plus bouger. Le V12 s’allume et il se met à tourner: je me sens comme sur la grille de départ des 24 Heures du Mans, prêt pour le départ d’une course mémorable. La mélodie du douze cylindres pénetre à l’intérieur de l’habitacle: maintenant je comprends pourquoi beaucoup d’équipages de GTO adoptent des casques pour échanger quelques mots. Mais ici il y a rien à dire, il faut juste écouter le Colombo s’exprimer au mieux et voir comment il se comporte sur la route. 

Et alors c’est parti. On sort du showroom et je comprends directement que je suis sur une autre planète: les autos qui nous entourent me semblent se trouver dans un autre monde. A bord, l’atmosphère de course se ressent. Le son du V12 Colombo Tipo 168/62 est sublime et la boite H à 5 rapports est un vrai plaisir à chaque passage de rapport, un vrai coup de canon!

Rien à dire, les accélérations sont rapides: quand on sait que le V12 développe 300 ch et le poids de la voiture est de 800 kg seulement, ça ne pourrait pas être autrement. Mais ce ne sont pas les performances à rendre unique cette 250: derrière elle, il y a toute une histoire qui te charme quand tu es à bord. Et on dirait que, quand tu as été à bord pour plusieurs tours, tu fais un peu partie de son histoire qui dure depuis la moitié d’un siècle. En effet, l’année passée Ferrari a fêté les 50 ans de sa GTO: pour l’occasion, un meeting a été organisé en France, auquel a participé un grand nombre des GTO produites.

Après cette expérience extraordinaire, que je te souhaite d’experimenter au moins une fois dans ta vie, cher Supercariste, on rentre au QG. A nouveau garée soigneusement à son emplacement privé, j’admire stupéfait cette 250 et je me demande la raison pour laquelle la Gran Turismo Omologata est considérée par tous comme la légende de toutes les Ferrari (et pourquoi pas, de toutes les automobiles). Question à laquelle je connais la réponse: les détails soignés, sa ligne de gentleman driver, son V12 avant comme le voulait le cher Enzo (« les chevaux tirent le carrosse, ils ne le poussent pas » cit.), tous ses succès dans le monde des courses. Et oui, j’avais déjà la réponse à ma question.

Je m’assois en compagnie de Fabio et on continue à parler de son petit bijou pour découvrir des anecdotes et curiosités assez intéressantes à propos de cet exemplaire. En commence par l’avant: le propriétaire me dit que le pare-brise lui a été donné par Fabrizio Violati, ancien possesseur de la 250 GTO #3851GT qui fait désormais partie de la collection Maranello Rosso Collezione de Saint Marin (ce pare brise, Violati l’avait comme pièce détachée, on ne sait jamais). Une petite touche en plus qui la rend plus exclusive. Violati a donné à Baldini aussi le réservoir: une autre pièce détachée authentique.

On se déplace maintenant vers la partie basse du pare-choc. Ici, Baldini me dit avoir remplacé la dynamo originale avec un alternateur (pour l’allumage des phares) au cas où il fallait l’utiliser aussi la nuit. Toujours pour des raisons pratiques et pour une utilisation « citadine » (pourquoi pas en fin de compte), des ventilateurs de refroidissement se trouvent sur le radiateur. Dans les GTO qui couraient, tous ces détails n’existaient pas: on allumait le moteur et on y allait. Il fallait supporter la chaleur dans le cockpit. 

Un autre signe que cette Rouge peut être considérée plus comme une simili-GTO qu’une vraie GTE refaite niveau pare-choc: ils ont été élargi comme le veut la tradition GTO. Le coffre ne présente pas le canal d’écoulement qui recueille l’eau, mais quand il pleut la pluie fini directement dans le coffre. Pas très rassurant en cas d’intempérie, mais la tradition c’est la tradition (et surtout c’est du poids en moins).

Je remarque aussi à gauche le bouchon du réservoir très imposant (homologué pour les courses FIA): c’est important quand il faut effectuer des ravitaillements rapides. Une autre particularité qui attise ma curiosité, le spoiler arrière: Fabio m’explique que les premières GTO ne l’avaient pas. Après avoir rencontré des soucis niveau tenue de route, les ingénieurs Ferrari ont bien pensé de stabiliser au mieux la sportive et le résultat a été l’apparition d’un spoiler d’abord fixé avec des rivets et puis intégré directement à la carrosserie (comme dans ce cas ci). 

Comme le veut la tradition, la 250 monte un set de Dunlop racing au look vintage. Le moteur est lui avec lubrification à carter sec par rapport à la GTE qui elle avait le carter à huile, une solution qui n’était pas des meilleures surtout dans les tournants, où, vu les fortes accélérations, la pompe à essence ne pouvait pas avoir accès à l’huile, ce qui causait donc une interruption de l’érogation.

Comme déjà expliqué plus en haut, la conversion s’est faite surtout niveau mécanique. La passion pour les détails est une vraie fixette: les carburateurs Weber sont originaux et proviennent directement de l’Angleterre. Mais malgré tous les soins apportés à la partie mécaniques, on ne peut pas dire que le look ait été négligée: la carrosserie a été réalisée par un ancien carrossier de Scaglietti, Giancarlo Guerra, lequel a travaillé à main nue sur ce bijou. Cette GTO – comme Fabio aime l’appeler – a été refaite de A à Z, avec toutes les spécificités des 36 exemplaires officiels. Actuellement, l’auto est de propriété de cinque passionnés, tous inscrits au Ferrari Club Italia.



Une autre anecdote qui vaut la peine d’être racontée est à au sujet du maestro Scaglietti. Lors d’une rencontre avec le carrossier de Modena, Fabio Baldini me raconte qu’il lui demanda ce qu’il en pensait de son projet et que si sa création lui plaisait, Scaglietti lui même pouvait signer la voiture. La signature de Scaglietti est toujours là, sur la 250 de Fabio, mais le carrossier a été aussi critique envers ses salariés: « Elle est trop précise… », aurait déclaré Scaglietti à Baldini, en ajoutant « ce sont des voitures de course. » 

Fabio souligne qu’il a fait beaucoup de sacrifices – et pas seulement niveau financier – pour obtenir un tel résultat et qu’il est donc inutile de dire que cet exemplaire unique n’est (et ne sera probablement jamais) en vente: cette Ferrari est un objet pour passionnés, pas un outil de spéculation. En effet, cette 250 est souvent protagoniste d’évènements caritatifs.

Tu l’as bien compris, ami Supercariste: cette Ferrari ne fait donc pas partie du cercle bien fermé des Ferrari 250 GTO, mais celui qui l’a réalisée et celui qui la voit de lui même comprend que sa valeur est bien supérieure. Pas seulement économiquement parlant, mais aussi et surtout niveau main d’oeuvre.

Et quand je demande à Fabio ce qu’il manque à cette GTO pour être une vraie GTO, le Ferrariste me répond simplement: « Le numéro de chassis et un passé sportif. »

En exclusivité, una galerie photo de la construction de cette 250 GTE Mod.

Tu as aimé cet article? Tu pourrais aussi aimer…

2 Ferrari 250 GTE Mod: son propriétaire nous la raconte

  1. lex

    Dear Sir,
    Can somebody tell me about the chassis number of this car?
    Thanks,
    Lex

     
    • Umberto Sanna
      Umberto Sanna

      Dear lex, we have no information about the chassis number. What we can say (as written in the article) is that the car is a recreation of 250 GTO based on a 250 GTE. Hope I helped you. Regards.

       

Ajoute un commentaire