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Rolls-Royce Wraith: notre essai 

Wraith, « spectre » en anglais. Dans la gamme Rolls-Royce un nouveau modèle est arrivé, différent mais en même temps semblable à la famille de Goodwood: sa carrosserie deux portes style fastback lui donne un air élancé, bien que les traits distinctifs de la marque sont bien présents. La Wraith arrivera-t-elle à s’insérer dans la gamme même avec deux portes en moins et étant donné qu’elle soit la plus puissante des Rolls?

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Quand on t’appelle pour essayer une Rolls-Royce, la journée peut qu’aller bien. Quand en plus on te dit que la Rolls en question est le dernier modèle, le plus puissant et le plus rapide jamais réalisé en série, c’est avec un grand sourire que tu réponds positivement. C’est ce qui est arrivé à Supercar Team quand on m’a proposé de faire l’essai de la Wraith, à ma disposition pour une journée entière. L’eccitation est à son comble.

C’est quoi?

La Rolls-Royce Wraith est actuellement le seul modèle deux portes. Un coupé avec l’arrière coupé auquel je ne m’y attendais pas. Malgré cette grande nouveauté, c’est bien une vraie Rolls. Le design des phares avant et arrière, l’imposante calandre et les dimensions ne trompent pas: c’est bien une créature de Goodwood.

Fiche technique

Rolls-Royce déclare que la Wraith est le modèle de série le plus puissant et rapide jamais réalisé par le constructeur et ce grâce à un puissant V12 6,6 litres biturbo tipe N74 de 624 ch et 800 Nm de couple bien connu sur la BMW 760i, mais revu pour avoir le potentiel d’une supercar avec boite auto ZF à 8 rapports. Avec une telle fiche technique, la Wraith aurait tout ce dont elle a besoin pour délivrer des prestations fantastiques, sauf qu’elle pèse 2.360 kg. Malgré qu’elle ne soit pas un poids plume, la Wraith est capable d’accélérer de 0 à 100 km/h en 4,6 secondes (comme une R8 V8 ou une M6), tandis que sa vitesse est limitée à 250 à l’heure. Pour un client Rolls, il ne faut rien d’autre. Ah oui, le comfort…

Comment ça roule?

Déjà prête à m’attendre dans le garage du concessionaire, « ma » Wraith est d’un bleu profond qui s’appelle Midnight Sapphire chez Rolls, une tinte qui pourrait sembler inadaptée sur une Rolls traditionnelle, mais pas sur ce coupé. Malgré qu’elle soit un cran « en dessous » de la Phantom, la Wraith me surprend de par ses dimensions: plus de 5,2 mètres de longueur. Pas mal pour une deux portes. Une fois rentré à bord, ou pour mieux dire, avant de monter à bord. Oui parce que pour monter et sortir de la voiture, c’est tout une expérience à essayer au moins une fois. Les deux portes de Rolls s’ouvrent dans le sens contraire par rapport à une auto « normale » (dans les Rolls quatre portes, ce sont celles arrière à s’ouvrir du sens opposé). Ce mécanisme d’ouverture s’appelle « suicide doors ». Pour la petite histoire, il faut savoir que les suicide doors était fort en vogue dans les années 30 et le premier constructeur à introduire ce système fu Lancia avec son Aprilia, une typologie qui fu reprise par après par Lincoln avec la Continental et aussi sur la Fiat 600 Multipla de 56. Et oui, Supercar Team c’est aussi un peu d’histoire.

Les suicide doors permettent d’accéder et de resortir de l’auto d’une manière plus simple, sans devoir être contorsioniste. Mais pourquoi s’appellent-elles comme ça? Cette expression provient du danger qui augment si la porte, mal fermée, devait s’ouvrir toute seule quand la voiture est en mouvement en cas de fortes rafales de vent frontales. Situation ancore plus dangereuse dans les tournants vu que l’ouverture inattendue de la portière pouvait faire sortir les occupants de la voiture. Mais cette petite histoire reste une anecdote des vieilles voitures.

Et je m’en aperçois directement car dès que je rentre à bord et une fois que le technicien Rolls m’a expliqué les fonctions principales de la Wraith, j’essaie de fermer la porte, mais je n’arrive pas à prendre la poignée. Discrimination de la part de Rolls envers les personnes de 1.70m et moins? Au début c’est ce qu’il me vient à l’esprit. Mais je me rends compte, après de longues minutes, que à gauche du tableau de bord, tout près de la fermeture de la porte il y a des boutons. J’appuie sur celui qui se trouve à l’extrême gauche et – magie! – la portière vient vers moi toute seule pour se fermer dans un doux « cloc ». Avec ce mécanisme, mes doors ne sont plus si suicide comme elles l’étaient dans le passé. Merci Rolls.

Après m’être pris la tête une dizaine de minutes pour trouver le bouton qui avance le siège, j’appuie sur le bouton d »allumage du moteur et, surprise, le douze cylindre se réveille en un silence embarassant. Et oui, bien qu’il s’agisse ici du modèle le plus puissant de la gamme Rolls, ce la ne veut pas dire pour autant que la colonne sonore va avec. C’est bien sur une luxury car qu’on apprécie pour sa conduite et son comfort. Ma on en vient plus tard.

Le moment est venu d’abandonner la concession pour aller dans un endroit encore inconnu pour les photos et vidéos. Le capot est le vrai ennemi: il ne veut pas me montrer la route, mais il suffit de réhausser le siège électroniquement pour y voir plus clair, mais avec un peu de pratique tu apprends à gérer les dimensions du train avant. Déjà après les premiers kilomètres je commence à être à l’aise avec la visibilité.

J’arrive à trouver un endroit assez joli pour effectuer mon service grâce aux précieux conseils du navigateur avec infotainment iDrive. Après avoir fait un tour de reconnaissance à 360° de la Wraith, je comprends maintenant combien cette Rolls est imposante: dans cette rue déserte, droite et pleine d’arbres allignés, la Wraith est menaçante, un vrai spectre qui ne se préoccupe pas de ce qui l’entoure. Toutes les Rolls ont ce caractère énigmatique et mystérieux. Et cette Wraith met encore plus en avant cet aspect vu sa carrosserie élancée, prête à effrayer celui qui s’approche de trop d’elle.

Histoires de fantômes à part, moi et mon photographe avons fini le service photo quand tout à coup passe la seule et unique voiture dans cette rue déserte de Viboldone (Milan, Italie). Elle s’arrête. C’est le propriétaire du champs d’à côté qui, surpris de voir la Wraith, me demande si il peut la prendre en photo. Bien sûr, ça fait toujours plaisir de rencontrer des passionnés. « Elle coûte dans les 150.000€« . « En vérité on est sur les 240.000€… ». « P*****, après je vous fait un chèque. » Après cet échange assez sympa, le monsieur en question me dit qu’il possède « la villa de ‘700 la plus belle des environs » et il nous invite chez lui pour qu’on fasse de belles photos, dignes d’une Rolls. Hop, on y va.

Tout doucement on s’aventure dans des routes de campagne, l’endroit parfait pour mettre à rude épreuve le comfort de cette Wraith. Pas grand chose à signaler: les dos d’âne sont absorbés comme une goutte d’eau qui s’engouffre dans la mer. Non, je ne rêve pas. Le comfort Rolls est une vraie marque de fabrique et personne ne pourrait jamais n’hasarder à dire le contraire. Nous arrivons au domaine du monsieur qui nous laisse à disposition la cour de sa splendide villa di XVIII° qui s’adapte à la perfection au style classique de la Wraith et ici on profite de faire des photos qu’on ne ferait nulle part ailleurs.

Après avoir immortaliser le moment sous tous les angles, on repart, pas avant d’avoir remercier notre sympathique monsieur qui a contribué à ces photos sublimes. C’est le moment de voir si la Wraith a vraiment ce quelque chose de plus sportif par rapport au target Rolls-Royce. Donc j’accélère sans hésiter et, après une seconde précisément, la poussée arrive: l’incroyable couple de 800 Nm me plaque au siège et la poussée n’en fini jamais. C’est la boite ZF qui s’occupe de tout. A propos, dans quel rapport je me trouve? Je ne le sais pas: le quadrant des tours/minutes. Quand tu es dans une Rolls, ce n’est pas une info qui devrait t’intéresser. N’y pense pas, c’est elle qui fait le job.

Tu ne me crois pas? Et pourtant je vais te prouver le contraire. La nouvelle Wraith è dotée du système SAT (Satellite Aided Transmission) qui regroupe toutes les indications de la route que tu es en train de parcourir grâce au navigateur et, selon le tournant que tu affrontes, le système choissi automatiquement le rapport plus adéquat. Pas bête, hein? Bien sûr, étant donné qu’il s’agit du modèle le plus puissant et rapide. Peut être que deux petites palettes derrière le volant n’auraient pas été en trop pour les plus sportifs d’entre nous. Mais Goodwood en a décidé autrement. Ainsi soit-il.

Après cette expérience d’un autre monde (je n’aurais jamais cru avoir une accélération de ce genre sur une auto de ce calibre), je décide de passer à l’arrière pour me remettre un petit peu de toutes ces émotions et comprendre vraiment ce qu’on éprouve quand on voyage dans un salon qui coute bien plus de 200.000 euros. Et puis je m’aperçois que j’ai les pieds juste au dessus de ces fameux tapis de velours faits en laine d’agneau. J’en profite pour caresser toute cette douceur à 763€ et je me mets à sourire. Je lève la tête vers le toit, oups je voulais dire… vers le ciel. Et oui parce que, pour la modique somme de 8.328€, tu peux avoir la fidèle reproduction du ciel étoilé grâce au Starlight Headliner, un système de 1.340 petites lumières réalisé en fibre optique et positionné à la main sur l’intérieur du toit. Un vrai plaisir quand tu voyages la nuit. Son utilité? Il n’y en a pas, mais le luxe ne s’explique pas. Tout comme les logos RR garnis sur chaque appuis tête qui coutent 679€. Le prix augment ainsi facilement à chaque fois que tu optes pour une option, n’importe laquelle. Mais je suis tellement bien ici que le prix est lui même une option.

La sensibilité et la précision du volant m’ont frappé: étant donné qu’il s’agit d’une voiture de plus de 2 tonnes, je m’attendais à devoir avoir deux bras à la Schwarzy pour bouger le volant, et au contraire il se gère sur la pointe des doigts, littéralement. Un fait qui dérive directement de par la légèreté du volant qui facilite les manoeuvres même dans des espaces plus exigus: grâce à caméra de recul HD, les créneaux n’auront plus de secrets pour toi.

Il est temps pour moi et mon photographe de retourner chez le concessionaire et de laisser définitivement les clés de la Rolls-Royce Wraith dans l’atelier. Evidemment, on s’habitue bien vite au luxe (portes qui se ferment toutes seules, petites étoiles dans l’habitacle, divans confortables et sensation de sécurité à bord. N’importe qui descend d’une Rolls et prend le volant d’une voiture « normale » (je parle aussi des concurrentes directes) aura cette sensation qu’il lui manque quelque chose. Cette chose s’appelle luxe extrême et il n’y a pas d’autre voiture capable de le souligner mieux qu’elle.

Mon histoire avec l’anglaise s’achève donc et, bien que les luxury car ne soient pas trop mon style, cette Wraith m’a ensorcelé, tel un esprit qui veut effrayer de faibles âmes, mais ici il s’agit de la meilleure expérience paranormale. Qui sait si un jour cette présence fantasmagorique viendra me surprendre à nouveau.

Quelles sont ses rivales?

Difficile de trouver une rivale de la Wraith qui soit dans sa catégorie. La première qui viendrait à l’esprit serait la Bentley Brooklands, disparue de la gamme désormais, qui se rapprochait de la Wraith de par sa typologie de carrosserie, luxe et philosophie. En restant toujours dans la catégorie des autos de luxe à deux portes et quatre places, on pourrait penser aussi à la Ferrari FF, mais dans ce cas ci le style shooting brake et la sportivité de la supercar de Maranello sont déplacés. La Wraith est dans un segment bien à elle.

Combien elle coute?

La Rolls-Royce à un prix de base de 212.646€, mais mon exemplaire – qui avait la plupart des options disponibles dans la liste – atteint les 262.907€, c’est à dire 50.000€ en plus rien que pour les options. Bienvenu dans le monde Rolls.

Avantages: Pour la première fois, c’est toi qui conduis la Rolls et pas ton chauffeur, look assez sportif, couple à ne pas en finir, luxe à gogo et conduite toujours relax.

Inconvénients: Absence de palettes pour changer les vitesses manuellement.

 

Rolls-Royce Wraith

Moteur: V8 biturbo 6.6 litres
Puissance: 624 ch à 5.600 tours
Couple: 800 Nm à partir de 1.500 jusqu’à 5.500 tours
Boite: ZF automatique à 8 rapports
Poids: 2.360 kg
0-100 km/h: 4.6 secondes
Vitesse maxi: 250 km/h (limitée électroniquement)
Conso: 14 l/100 km (26 l/100 km en mode sportif)
Emissions CO2: 327 g/km
Prix: 212.646€ (l’auto que j’ai essayé: 262.907€)

Remerciements à Monsieur Sala pour m’avoir donné l’accès à sa villa de 1700 pour la réalisation du service photo.

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